Eurosport.frBlogsLe blog de Globule rouge et bleu

04/02/2010

Sauvetage en règles.

Il est temps de revenir sur cet OL-PSG d’un nouveau genre… Pour une fois le PSG n’a pas été victime d’une erreur, série d’erreurs ou arnaque arbitrale, sorte de tradition lors de ses matchs face à Lyon, pourtant il a perdu. Paris a dominé son adversaire rhodanien, ce n’est pas une première. Paris a perdu un match qu’il aurait du gagner, ça non plus, ce n’est pas une première.

 

Tout avait si bien commencé… et tout a si mal terminé. On y a cru pendant quoi ? 50 minutes. Allez, 55.

 

La chance semblait enfin nous sourire. En allant à Lyon on ne croyait pas gagner. En constatant l’absence de Lloris et la présence d’Edel, incertain avant le match, on avait un peu plus d’espoir. Après 3 ou 4 minutes à subir, ça sentait mauvais. Ensuite le PSG a réagi, il était au-dessus, assez nettement au-dessus de l’OL, il y avait une véritable différence de niveau, l’arrière-garde lyonnaise était à la rue, Hoarau, en position de meneur de jeu, était extraordinaire, il faisait tout ce qu’il voulait entre le milieu et la défense.


Giuly à droite et Sessegnon a gauche accéléraient parfaitement le jeu, Lovren et Cissokho ont régulièrement été éliminés, Cris et Boumsong mis hors de position, c’était très agréable à regarder, assez enthousiasmant, d’autant plus que le PSG menait 1-0 depuis la 9ème minute grâce au 12ème but d’Erding en 19 matchs sous les couleurs du PSG. Chose étrange, il s’agissait du 2ème but de la saison marqué sur corner, les deux étant l’œuvre du Turc, le dernier datait du dimanche précédent. Il ne faut pas s’enflammer sur ce but. Premièrement, le corner était super mal tiré par Sessegnon, deuxièmement Källström a bien aidé en tentant de dégager le ballon – mais en se trouant complètement – au lieu de rester au premier poteau où Vercoutre l’avait placé.

 

Erding et Hoarau s’entendaient très bien, les 4 de devant combinaient parfaitement, ils étaient toutefois incapables de marquer dans le jeu. A chaque fois ils croquaient (surtout Sessegnon) ou étaient victimes d’un match de sa vie d’un gardien pourtant mauvais, Vercoutre. En général c’est Luyindula qui fait briller les gardiens adverses, pas cette fois. A force de le voir sortir quelques gros arrêts, je m’inquiétais, ça ressemblait trop à d’autres scénarii vécus cette saison, en particulier le match aller. J’ai recommencé à vraiment y croire au moment où une frappe de Toulalan a été déviée par Traoré, prenant ainsi Edel à contre-pied. Le poteau puis Hoarau, très actif aussi en défense – je dis souvent que c’est un joueur 3 en 1, à la fois attaquant, milieu et défenseur central – ont miraculeusement évité l’égalisation. A part ce presque coup de bol et 2 ou 3 frappes joliment sauvées par Edel, l’OL montrait tous les signes d’un club sur le point de perdre, le PSG semblait au contraire être sur une voie royale, bénéficiant enfin d’un coup de pousse du destin.

Le changement de chaussettes exigé par Kalt au moment de l'entrée de Sankharé.

Bien sûr, je continuais d’avoir peur de l’arbitrage, d’ailleurs M. Kalt a été très énervant, il sifflait toujours dans le même sens, transformait des touches parisiennes en touches lyonnaises, son niveau de sévérité à l’encontre des 2 équipes n’était pas égal. Le quatuor arbitral a atteint des sommets dans le ridicule en retardant l’entrée de Sankharé, l’obligeant à changer de chaussettes sous prétexte que celles à ses pieds étaient en parties blanches, ce qui n’était pas gênant concernant Hoarau mais pour Sankharé, si. Grotesque !

 

J’ai commencé à avoir un très mauvais pressentiment au moment de la quintuple occasion parisienne vers la 50ème minute. Suite à un corner Hoarau a tiré une première fois, Vercoutre a repoussé sur sa ligne, Erding était là pour mettre une patate à 6 ou 7 mètres, Källström a sauvé juste devant Vercoutre, c’est revenu sur le Réunionnais, nouvelle tentative en retourné, Erding déviant légèrement de la tête et du dos mais le gardien lyonnais a encore repoussé, encore vers Erding qui  a alors frappe à bout portant sur le portier. Le ballon a alors été envoyé vers Traoré un peu plus loin dont la tentative n’ donné lieu qu’à un nouveau corner.

 

Ça s’en mis à sentir le pâté, odeur confirmée à la 60ème minute lorsque Bafé Gomis, dont j’avais découvert avec stupeur en regardant la fiche du match à la mi-temps, est passé du statut d’homme transparent à celui d’homme du match. Son départ dans le dos d’une défense centrale pas assez attentive (Mamadou Sakho le couvre, Traoré est trop lent pour revenir, Sakho finit par faire faute, se faisant logiquement exclure) a été le tournant du match. A 11 contre 10 il y avait un boulevard pour l’OL. Les Lyonnais ont pu revenir dans le match, et au bout de même pas 5 minutes le résultat final était déjà évident. A partir du moment où en infériorité numérique à une demi-heure de la fin vous choisissez de vous priver de la grande forme de Giuly dont la vitesse faisait beaucoup de dégâts dans une défense pataude, et surtout que vous acceptez de subir, de vous débarrasser systématiquement du ballon d’un grand coup de pompe au lieu de tenter de gagner du temps, vous ne être en quête de regrets, pas d’un bon résultat.

 

On a pu constater en 30 minutes que l’OL a besoin d’être aidé (en l’occurrence par ses adversaires) pour gagner ses matchs, sinon c’est piteux, ça se fait balader par le 14ème. Même à 1 de plus dans le jeu ce n’était formidable, heureusement pour les Lyonnais que sur un corner la défense – à sa décharge privée d’un défenseur central – a oublié 2 joueurs au 2nd poteau, permettant à Lovren de placer une tête repoussée par Edel… dans les pied de Gomis, seul à 50cm du but. 1-1, coup au moral/coup de booster selon le camp… Il n’y avait plus qu’une équipe sur le terrain, les occasions se multipliaient, c’est alors qu’est intervenu le 2ème but, celui de Cris, consécutif à un coup franc mal tiré dévié à l’arrache par Lisandro Lopez dans le paquet et repris de la tête par le grand chauve brésilien, une tête qui a lobé Edel.

 

Ce dernier a sauvé plusieurs fois la baraque, il a surtout été lâché par sa défense. Gomis aura vu 2 de ses tirs échouer sur les montants (dont un dévié sur le poteau par le Camerounais). Les stats et l’impression laissées par ces 30 dernières minutes ne suffisent pas à occulter l’énigme de la double confrontation aller/retour entre Paris et Lyon. Comment l’OL a-t-il pu s’en sortir avec 4 points en ayant été malmené au point de verser à certains moments dans le pathétique ?

 

Avec ce match on n’a rien appris sur le compte du PSG, le constat demeure perpétuellement le même. Au moins, en faisant le déplacement à Gerland, on n’avait déjà plus rien à perdre, le retard était déjà bien trop grand sur les 7 premiers pour espérer une bonne place en fin de saison, c’est toujours ça de… gagné ? Disons que ça aurait pu être pire, on aurait pu avoir de gros regrets, au lieu de ça on reste dans une routine qui aide à faire passer la chose. Si tous les jours à vos repas vous avez saumon fumé à volonté, à un moment vous ne vous rendez même plus compte à quel point c’est bon… et si vous n’avez jamais autre chose que de la bouffe au goût rance, au bout d’un moment votre cerveau prend l’habitude de recevoir de vos papilles le message indiquant que c’est à gerber, donc ça passe.

 

 

Je crois que cette fois les derniers optimistes sont convaincus, le PSG n’y arrivera pas sans changer beaucoup de choses.

 

On peut résumer ce "beaucoup de choses" en 5 axes, ou 5 règles pour sauver le club si on veut reprendre le terme utilisé dans le titre (je n'étais pas inspiré, j'ai mis le titre qui m'est passé par la tête au dernier moment) :

-faire le ménage,

-recruter aux postes stratégiques,

-investir (je dirais 20 à 25 millions) pour créer une nouvelle dynamique qui tire le club vers le haut,

-montrer de la considération envers les supporters,

-arrêter la guerre.

 

 

Faire le ménage.

 

Les dirigeants ont commencé le travail, guidés surtout – seulement ? – par leur volonté de faire des économies en réduisant la masse salariale. Il serait temps repenser cette stratégie économique en y incluant la dimension sportive. Un footballeur ne doit pas être évalué qu’en fonction de ce qu’on paie pour l’avoir dans l’effectif (ou de ce qu’il pourrait rapporter si on le laissait partir), il faut aussi s’intéresser à ce qu’il apporte (on parle ici de la qualité du joueur, de son importance dans le groupe) et rapporte (points + qualifications => revenus, image => marchandising + sponsors + droits télé, etc.), et ça, manifestement, les décideurs actuels ne le font pas, ou du moins pas systématiquement.

 

Il est temps de tout remettre en cause, d’étudier individuellement le cas de chaque membre du groupe et d’en tirer les conséquences. Faire en sorte de garder autant de joueurs que possible d’année en année en invoquant un "besoin de stabilité" n’a aucun sens si l’idée est de se stabiliser dans la médiocrité. Pas mal de joueurs de l’effectif actuel n’ont jamais eu ou n’ont plus le niveau pour évoluer dans un club comme le PSG où les résultats sont beaucoup plus difficile à obtenir qu’ailleurs. 

 

De ce point de vue le départ de Bourillon, qui émargeait à environ 80 000 euros par mois selon la presse, est forcément une bonne chose. On sait déjà que certains ne seront plus là la saison prochaine, en particulier Makélélé. Espérons que d’autres seront aussi amenés à faire leurs bagages (Traoré, Kezman, Camara, etc.) et seront remplacés par des joueurs choisis pour leurs qualités – celle qu’ils ont actuellement, pas celles supposées ou passées – plus qu’en raison de leur notoriété.

 

Les Maké, Coupet, Kezman… sans compter Thuram qui a failli venir il y a un an ½, jamais on n’aurait dû les recruter en leur offrant des salaires mirobolants, à ce prix on ne peut prendre que des joueurs qui à coup sûr vont faire la différence, et à ma connaissance il y a bien longtemps qu’aucun de ces noms du football ne la fait plus, bien avant de signer au PSG.

 

Vous vous souvenez de ça ?...

Assez des vétérans ! Il faut vraiment faire le ménage, penser que chaque signature engage l’avenir du club pour la durée du contrat et peut le plomber pour encore plus longtemps ! Insister pour que Maké continue cette saison était une hérésie, on n’avait pas d’argent pour se trouver un milieu gauche mais assez pour son énorme salaire… alors qu’on nous le présentait comme devant ne jouer qu’une fois sur 2. Le salaire de 2 bons ou très bons pour un si faible apport. Qui peut comprendre ça ?

 

Si on se traîne un boulet barbu jeteur de maillot, c’est peut-être aussi parce qu’à l’arrivée de Kombouaré on a voulu lui redonner une chance qu’il ne méritait plus depuis longtemps, son cas a donc traîné en longueur, on le paie encore maintenant (dans tous les sens de l’expression). Parfois mieux vaut solder pour libérer de la place et de la masse salariale (idem pour Rothen). Traoré n’était pas assez bon pour rester au PSG l’année où il a été prêté à Auxerre, ensuite par je ne sais quel miracle on a considéré qu’il y avait toute sa place…

 

Les joueurs qui ont été prêtés – ou vendus (Boli) – cet hiver n’avaient à l’évidence pas ou pas encore les moyens de s’imposer en équipe première, pourtant ils ont été conservés 6 mois de plus, résultat ils ont perdu leur temps, on a perdu notre argent (en payant des salaires pour rien et en voyant leur valeur potentielle décroître faute de jouer en pro)… Certains sont toujours là.

 

Il est urgent de penser à la saison prochaine, de faire dès maintenant la liste de ceux dont le casier devra être vidé en juin, qu’on veille s’en débarrasser ou les prêter pour leur donner l’opportunité de s’aguerrir. Ainsi, on saura qui il faut remplacer et quels profils chercher.

 

 

Recruter aux postes stratégiques.

 

Il s’agit de postes, mais aussi de profils de joueurs.

 

Cet été puis cet hiver les deux gros manques à combler par un recrutement intelligent étaient à l’évidence un défenseur central droitier (si possible avec l’option "je marque des buts") pour mettre à côté de Sakho, et un milieu (gauche) tireur de coups de pied arrêtés. On attend toujours.

 

Je peux vous garantir qu’avec ces deux joueurs (c'est-à-dire un remplaçant pour Rothen, puisque son impossibilité de rester était actée depuis minimum mai 2009, et pour… Rozehnal… bah oui, le dernier défenseur central droitier qui tenait la route au PSG, c’était le Tchèque… Yepes si on élargit au bon défenseur central qui marque des buts) on n’en serait pas là.

 

1 seul but marqué sur corner en 22 matchs de championnat, faut le faire ! C’était dimanche à Lyon, et le corner était super mal tiré. Sur coup franc on doit en être à 2 ou 3 dont un involontairement direct contre Grenoble dont le gardien à la rue s’est troué. Regardez qui est en haut du classement : Bordeaux, qui a plusieurs tireurs de coups de pied arrêtés (Gourcuff et Wendel en particulier), Montpellier a Costa, à Lille on trouve notamment Cabaye, Lyon dispose de Bastos/Lopez/Källström/Pjanic, Monaco a Nenê, Auxerre Pedretti, Marseille a Cheyrou et Abriel. Nous, on a dû réinventer Jallet dans ce rôle.

 

Ces clubs ne peuvent pas tous compter sur une défense imperméable, on ne peut le nier, toutefois leurs défenseurs centraux sont régulièrement ceux qui font la différence d’un côté et/ou de l’autre du terrain. Ciani et Planus, Spahic et Dzodic, Rami, Cris (et Boumsong), Puygrenier, Diawara et Ketchupman, ont tous marqué plus de buts cette saison que Camara depuis qu’il est arrivé au PSG (hors csc). Mamadou Sakho a absolument besoin d’être associé à un taulier, un mec plus fort que lui, on paie trop souvent sa jeunesse, la lenteur de son partenaire ou de grossières erreurs dues à l'absence d'un patron derrière. A cause de notre mauvaise habitude d'encaisser pratiquement toujours au moins un but on dépend trop de l'efficacité de notre attaque, une seule fois on a gagné en marquant moins de 3 buts.

 

On commence déjà à nous abreuver de rumeurs sur le remplacement de Claude Makélélé. A-t-on réellement besoin de le remplacer ? Des milieux défensifs, on en a, alors est-ce d’un n°6 qui n’apporte rien en attaque dont on va manquer ? Pour moi non, je préfèrerais qu’on fasse ENFIN confiance à Chantôme et qu’on tente de renforcer le milieu avec un joueur au profil qu’on ne possède pas. Pourquoi ne pas essayer de relancer un Bodmer à sa véritable place (si bien sûr il est réparé… il y a sans doute moyen de l’avoir pour pas trop cher) ou chercher un milieu ayant ces caractéristiques au lieu d’un gars juste capable de récupérer des ballons ? Un peu d'imagination !

 

 

Investir pour renforcer l’équipe.

 

Depuis 2 ans on a droit à un transfert important par intersaison (Sessegnon puis Erding), et encore, au PSG de Colony Capital ça correspond au tiers ou au quart du montant d’un gros transfert à Lyon. 20 à 25 millions d’investissements pour 3 ou 4 joueurs permettant de tirer l’équipe vers le haut, ce n’est peut-être même pas nécessaire cette saison en raison de la profusion de très bons joueurs libres en juin que compte la Ligue 1 cette saison. Investir est aussi une manière de montrer ses ambitions, donc de relancer une dynamique, de rassurer les supporters, les éléments déjà présents et ceux qu’on veut attirer.

 

L’idée première est simple : sans renforcer l’équipe on ne peut pas espérer sincèrement améliorer les résultats, la situation est donc amenée à empirer.

 

Investir, ce n’est pas juste mettre l’argent pour combler le déficit, c’est agir pour éviter d’en avoir tous les ans un à combler. Les 50 millions mis dans le club que Sébastien Bazin a tenté de faire passer comme étant de l’investissement de Colony Capital n’ont JAMAIS eu pour but de renforcer l’équipe. D’ailleurs dans sa missive électronique il nous parle de la construction du centre d’entraînement et de «prolongations de contrats pour retenir nos joueurs les plus sollicités», pas de recrutement pour avoir une équipe complète et cohérente.

Bazin pose devant l'investissement de Colony Capital. 

Imagineriez-vous un navigateur tenter le record du tour du monde à la voile en équipage avec un bateau vétuste et un équipage incomplet en se disant que ça le bateau prenait l’eau on se contenterait d’écoper au lieu de réparer ? Non, bien sûr. Colony Capital fait ça en football avec un club malade et un effectif au sein duquel plusieurs postes ne sont pas pourvus. Comment voulez-vous que ça marche ? On ne peut qu’aller à la catastrophe ! Silence, on coule.



Montrer de la considération envers les supporters.

 

SUITE EN CLIQUANT ICI.

Écrire un commentaire